Les sols du Véron

Trois types de sols reposant tous sur un sous-sol de tuffeau :

  • Alluvions sableuses et graveleuses.
  • Argilo-calcaire.
  • Argilo-silicieux.
  • Les substrats alluviaux anciens des terrasses très basses (5 à 8 mètres au-dessus de l'étiage) du pays de Véron reposent sur le cénomanien. L'épaisseur des matériaux fluviatiles est faible : 5 à 6 mètres. Les sables, jaunes ou rouges, sont hétérométriques avec passages argileux et lentilles de galets et de graviers quartzeux, de silex jurassiques ou crétacés, de spongiaires siliceux issus du sénonien. Celles de la basse vallée de la Vienne ont un corps sableux similaire mais, de plus, d'autres graviers, galets et même des blocs émoussés, décimétriques, de roches centraliennes éruptives ou métamorphiques granitiques ou plus basiques (amphibolites, diorites) se mêlent aux rudites d'origine locale. Comme dans toutes les alluvions anciennes, un ciment matriciel argilo-ferrique, inséré entre les particules sableuses, témoigne de l'existence d'horizon d'accumulations d'anciens sols.
    Les alluvions des hautes terrasses anciennes (+50 à +60 mètres) dans le Véron, peu épaisses, gisent sur les formations argilo-siliceuses à silex sénoniennes. Ce sont des sables blonds sans argile en tête, plus argileux, ocre et roux, en profondeur.
    Celles, encore plus hautes (+55 à +65 mètres), en haut du coteau en rive gauche de la Vienne, aux belles formes convexes traduisant la perméabilité du tuffeau blanc sous-jacent, sont plus graveleuses et pourraient être anté-quaternaires.
    Les coteaux et les buttes calcaires du Chinonais sont sculptés dans le tuffeau blanc du turonien moyen, en bancs épais (1 à 3 mètres), présentant dans leur partie haute une ancienne et intense bioturbation qui se traduit par des terriers silicifiés jointifs. Ce tuffeau a été intensément exploité autrefois ; les caves d'aujourd'hui occupent beaucoup d'anciennes carrières. Le haut des coteaux est en tuffeau jaune, en bancs massifs de calcaire bioclastique passant à des zones parfois très sableuses. D'autres buttes, au nord et au nord-est de Chinon, sont couronnées de sables sénoniens à spongiaires siliceux et de placages d'argiles éocènes à «perrons». Ce sont des substrats moins propices.

    Trois terroirs :
    L'appellation Chinon est répartie sur 18 communes : Anché, Avoine, Avon-les Roches, Beaumont-en-Véron, Chinon, Cravant-Les-Coteaux, Crouzilles, Huismes, l'Ile-Bouchard, Ligré, Panzoult, Rivière, La Roche-Clermault, Saint-Benoît-La-Forêt, Savigny-en-Véron, Sazilly, Tavant, Théneuil.
    Trois principaux types de sols donnent aux cabernets francs du Chinonais leur caractère, qu'il s'agisse de cuvées d'assemblage de terroirs ou de cuvées sélective.
  • Sur les rives de la Vienne et sur la rive gauche de la Loire, les terrasses alluviales anciennes et récentes - dites aussi "varennes", sont composées de graviers et de sables, que l'on retrouve sur les mamelons nommés "puys".
  • Le long de ces terrasses, ce sont les pentes des coteaux et des buttes calcaires du Turonien (tuffeau), aux sols bien draînés.
  • Au-dessus, les plateaux et les buttes sont constitués essentiellement de sables siliceux et d'argiles à silex (sénonien). Les graviers - Type de terroir majoritaire dans l'appellation, notamment à Gravant-les-Coteaux - donnent des raisins généralement précoces et des vins plutôt fruités et légers.
  • Les coteaux, plus tardifs, offrent quand à eux des vins plus structurés, à la fois plus marqués en acidité et en finesse, de bonne garde, tels qu'on en trouve sur la commune de Chinon et sur Beaumont-en-Véron. Ce type de Terroir calcaire est également propice au chenin.
    Enfin, les sols argilo-siliceux, intéressants particulièrement en millésime sec, font des vins de belle tenue.
    En proportions diverses, on rencontre ces terroirs dans les différentes parties principales du vignoble chinonais : la zone de Cravant-les-Coteaux, le territoire de Chinon, la "presqu'île" de Véron et la zone de Ligré.
    Le territoire de Cravant-les-Coteaux, qui s'allonge sur la rive droite de la Vienne et déborde sur la rive gauche à Sazilly, offre une production qui représente pas loin de la moitié de l'appellation chinon. Depuis l'essor du village dans les années soixantes-dix/quatre-vingts, le cabernet franc est omniprésent (jusqu'en 1960, le chenin et quelques autres cépages occupaient une place importante). Ses terroirs se répartissent entre graviers (50%, avec notamment, à Sazilly, les Varennes du Grand Clos du Domaine Charles Joguet, dont 1 ha en vignes non greffées, sols argilo-calcaires (30%) et sols argilo-siliceux (20%).
    Le territoire de Chinon, de part et d'autre de la vienne, représente à peu près 1/3 de l'appellation. Il se développe au nord et nord-ouest de la ville (Zone de "puys"), à l'ouest (coteaux argilo-calcaires de Saint-Louand), au sud de la Vienne (coteaux exposés nord) et entre Chinon et Cravant (coteaux pentus comme le clos de l'Olive, Le Chêne Vert ou le Coteau de Noiré). Le pays de Véron, entre Loire et Vienne, comporte des terroirs de sables et graviers (Savigny-en-Véron) et des terroirs argilo-calcaires (Beaumont-en Véron, avec notamment les Picasses ou le Clos de Turpenay).
    La rive gauche de la vienne, autour de ligré et Rivière, est caractérisée par des terroirs argilo-calcaires.